Le voyage à Shanghai d'apprentis de l'IRTS de Melun


C'est une sacrée expérience qu'a acquise Jean-Christophe Flavien. Avec huit autres apprentis , il est parti à Shanghai du 10 au 30 septembre 2010 dans le cadre de l'Exposition Universelle. Pour tous, ce voyage en Chine était une première.

La seule préparation du périple s'est déjà révélée riche d'enseignements. Le déplacement était financé à 70% par la région. Premier défi, il leur a fallu trouver d'autres mécènes pour boucler le financement. L'Adapss – Ile-de-France a contribué au voyage, tout comme l'IRTS de Melun ou l'association Arim. Mais cela n'a pas suffi. Les apprentis ont donc su se montrer imaginatifs pour trouver d'autres ressources. «Ainsi, à différentes reprises nous avons confectionné des gâteaux que nous avons vendus pour collecter de l'argent. » raconte Jean-Christophe. (ci-dessous au premier plan t-shirt bleu)

Une fois sur place, logés dans le quartier d'affaires de Pudong, les apprentis, accompagnés par la directrice de l'IRTS de Melun, Christine Signore (photo en bas de page), ont vite pris conscience que ce voyage n'était pas un simple séjour d'agrément. Ainsi, devaient-ils chaque jour alimenter un blog – une sorte de carnet de voyage interactif avec photos et vidéos-. Le blog était consulté quotidiennement par des élèves en classes de chinois de 4e et de seconde à Paris et à Saint-Germain en Laye. Les élèves envoyaient leurs questions sur la vie à Shanghai. A charge pour les apprentis de leur apporter des réponses. «L'interactivité a très bien fonctionné » témoigne Jean-Christophe. Les apprentis ont passé deux jours sur le site de l'Exposition Universelle. Ils ont visité le pavillon de la France, en revanche les sept heures de queue pour pénétrer dans celui de la Chine les ont détournés de sa visite ...



Un temps envisagé, la permanence du stand de la Région Ile-de-France qu'ils devaient assurer pour faire connaître l'action sociale de la Région n'a pas été possible pour des raisons logistiques. En revanche, ce sont les visites et les contacts sur le terrain avec des professionnels de l'action sociale qui ont été très enrichissants pour les apprentis. Ils ont notamment visité des « Sunshine Home » c'est-à-dire des centres pour jeunes handicapés shanghaiens frappés de déficiences légères à moyenne. «A chaque fois l'accueil des professionnels chinois a été chaleureux. Il y a vraiment eu un dialogue. Ces échanges profonds nous ont permis de mieux comprendre les différences d'approche entre la France et la Chine. Par exemple, les éducateurs chinois privilégient l'acquisition des savoirs. Ainsi, les jeunes trisomiques suivent des cours de mathématiques qu'ils apprennent par cœur. Pour leurs éducateurs, le but est qu'ils puissent avoir un travail plus tard. Alors qu'en France, nous sommes plutôt sur des logiques d'éveil ou de bien-être. » explique Jean-Christophe.

«Inversement, nos interlocuteurs chinois m'ont semblé avoir du mal à comprendre le concept de Protection de l'enfance. En Chine, c'est la famille qui s'occupe de l'enfant et la maltraitance n'est pas perçue. Pas étonnant puisque la plupart des enfants sont des enfants uniques et de fait, plutôt choyés. »

Les Chinois n'ont pas été avares de questions pour les apprentis. Il faut dire qu'ils découvrent le travail social. En Chine, les premières promotions d'Educateurs Spécialisés créées par l'Université ne remontent qu'à 2008.
«En matière de travail social, ils ont donc une cinquantaine d'années de retard par rapport à nous. Mais avec leur vitesse d'évolution, ils nous rattraperont vite. Par exemple, si pour l'instant, l'essentiel de l'action sociale porte sur la prise en charge des Personnes Handicapées, compte tenu du fait que les Chinois, surtout dans des villes comme Shanghai, travaillent de plus en plus. Ils sont déjà confrontés à des problèmes de prise en charge des anciens. Les maisons de retraites et les services d'aides aux personnes âgées ( livraison des repas à domicile, prises en charge par les cantines sociales de chaque district de la ville) se multiplient
« Au final, ce voyage nous a ouvert des horizons. Il nous a appris le respect et l'ouverture aux autres et aux cultures différentes. Il nous a donné le goût le sens du contact. Professionnellement, ça m'a permis de changer mes façons d'appréhender un projet. Ca m'a servi dans ma structure quand j'ai monté un projet de séjour au vert de neuf jeunes adolescents pour faire accepter le dossier à la direction de mon association. »

Lire la suite avec la restitution du voyage dans les locaux du Conseil Régional d'Ile-de-France.