Un stage
auprès d’enfants handicapés
au Pays du
Cèdre |
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Pauline
Courtois d'Auzac n'oubliera pas son stage d'éducatrice
de jeunes enfants au Liban. Le centre Sesobel (Service Social pour
le Bien-être de l'Enfant au Liban) où Pauline débarque
un dimanche de janvier se trouve à 35 km au nord de Beyrouth.
En
deuxième année d'apprentissage à la Fondation
d'Auteuil, Pauline va y passer trois mois entre janvier et mars
2010 assistant les éducatrices d’enfants autistes.
Le centre Sesobel, est une institution créée en 1976
qui suit près de 500 enfants handicapés moteurs ou
mentaux.
Le Liban était un pays qui la fascinait mais pour y décrocher
un stage, il lui a fallu être motivée. C'est la Fondation d'Auteuil
qui l'a mise en contact avec cette institution libanaise. «J'ai commencé à monter
le dossier en février 2009. Mais cela a été très
long. Lorsque j'ai obtenu le feu vert en novembre 2009, je n'y croyais plus.
Du coup, j'ai eu à peine un mois et demi pour me préparer à l'expérience
que j'allais vivre.» raconte Pauline.
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Comment
s’est passée votre intégration
dans le centre ?
«Le jour où je suis arrivée, il n'y avait que le gardien
du centre, ça m'a fait tout drôle. J'ai eu un peu de mal à m'y
retrouver dans le centre, car il y a trois bâtiments et près de
200 salariés. J'étais un peu perdue. Au début, j’ai
un peu ressenti le poids de la solitude. Là bas, les journées de
travail s'arrêtent à 14 heures. Aussi quand je rejoignais ma chambre
dans le centre, les après-midi m’ont au début paru un peu
longues. Mais je me promenais ou j’allais à la piscine. Tous les
gens ont été très gentils et accueillants et je me suis
intégrée rapidement.
Qu’est-ce qui change dans les façons de faire par
rapport à la France ?
Ici, le chef de service
décide de tout. Il n'y a pas de
débats, les équipes ne discutent pas. S'il a dit qu'il
fallait faire telle ou telle chose, on le fait.
Il y a aussi parfois un gros manque de moyens et de matériel. Les éducateurs
achètent parfois sur leurs deniers ce dont ils ont besoin. S'ils veulent
faire de la pâte à sel avec les enfants, c'est eux qui achètent
la farine et le sel.
Ce qui me frappe le plus, c'est l'implication des éducateurs, l'amour
qu'ils portent aux enfants. Alors qu'en France on nous apprend à ne
pas nous attacher, à avoir un certain détachement professionnel,
ici, les choses paraissent plus simples et spontanées. On ne cache pas
ses sentiments. Les éducateurs débordent d'affection pour les
enfants. Et pourtant, avec certains enfants, ce n'est pas simple tous les jours.
Mais le fait par exemple qu'un enfant atteint d’un autisme lourd pose
sa main sur le ballon avec lequel on essaye de le faire jouer est vécu
comme la grande nouvelle de la journée, celle qui procure une grande
joie.
Comme
le Liban est un état
multiconfessionnel, y a-t-il des implications sur le plan des
religions ?
L’empreinte de la religion sur la vie quotidienne des Libanais, qu’ils
soient chrétiens ou musulmans, est forte. Le poids de la religion est
assez important. Il y a des icônes de la vierge Marie partout sur les
murs. Et le projet pédagogique est très centré sur la
foi. Il s’appuie sur les valeurs de l’évangile. Il y a des “formations
existentielles” comme des séances de catéchismes qui sont
assurées par des prêtres maronites.
Et
du côté des
parents ?
L’implication des parents dépend de chacun. Il y a en qui chérissent
leurs enfants. Dès qu'ils ont un début de rhume, ils le gardent à la
maison. D'autres les envoient au centre même lorsqu’ils sont malades.
Certaines filles sont habillées à la dernière mode, d'autres
sont comme des garçons, et ne changent quasiment pas de vêtements.
Et concernant votre vie quotidienne au Liban ?
Je profite de tous les week-ends pour visiter le Liban, decouvrir les montagnes,
la mer que je vois de ma chambre, le patrimoine, la culture ainsi que la
vie des Libanais. Je vais souvent à Beyrouth le soir où le
week-end. Je fais également partie d'un club de randonnées.
Ce qui m'a permis de faire des randonnées en raquette dans les montagnes
enneigées du Liban qui sont magnifiques.
Quand je prends le bus ou que je me promène dans la rue comme je suis
blonde aux yeux clairs, je suis au centre de tous les regards. Mais je n'ai
jamais ressenti d'insécurité. Evidemment, il y a des quartiers
qu'il vaut mieux éviter comme Beyrouth sud qui est contrôlé par
le Hezbollah.
Finalement
ce stage aura été une expérience
forte pour vous ?
Oui, c’est une forte et belle expérience qui me marquera pour
longtemps. Finalement trois mois, ce serait presque trop court car c’est
le temps qu’il faut pour s’y sentir vraiment bien. Le Liban est
un pays qui fait peur alors que c’est un pays magnifique où il
fait bon vivre et les gens y sont trés chaleureux
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