Témoignage
de Marion Dantel, « éduc spe »
Marion Dantel a la fibre sociale et un
sens du contact chevillé au
corps. Cette originaire de Dijon, âgée de
23 ans, fait son apprentissage d'éducateur spécialisé à la
Maison Départementale des Solidarités de Vaux-le-Pénil
(77) depuis septembre 2010. «Ils avaient besoin
d’un apprenti pour deux ans et ça correspondait
tout à fait à ce que je cherchais. » explique-t-elle.
Il faut dire que Marion avait de l’expérience.
Elle avait déjà en poche un diplôme de
moniteur éducateur pour lequel elle avait effectué un
stage dans une maison d'enfants à caractère
social.
Par le jeu des passerelles, elle a pu suivre sa formation
d'éducateur spécialisé en deux ans à la
place de trois. Elle suit ses cours théoriques dans
les locaux de l’IRTS de Melun.
Le déroulement des deux premiers mois, septembre et
octobre, Marion a été en immersion chez son
employeur.
Les deux mois qui ont suivi, elle était
en stage dans une association qui s’occupe de personnes
cérébraux-lésées à leur
domicile. «Il faut les accompagner
dans leur vie quotidienne, les accompagner faire des courses
ou les aider dans leurs démarches administratives.» explique-t-elle.
«Avec
l'apprentissage, on est tout de suite dans le bain, au
contact direct des éducateurs, on apprend
vite. Là où je travaille, je sais qu'on a
confiance en moi et je me sens respectée professionnellement. » En
revanche, elle admet qu'il n'est pas forcément évident
de suivre le rythme entre le travail, le stage les cours à l'IRTS.
C'est moins les examens que les écrits professionnels à valider
qu'il faut rendre dans les délais, qui peuvent poser
problème. Bref, mieux vaut savoir gérer ses
priorités.
En quoi consiste son quotidien d'apprenti
? La maison
départementale des Solidarités de Vaux-le-Pénil
est centrée sur l'aide sociale à l'enfance.
Marion y intervient comme référent de l'aide
sociale à l'enfance. En clair, elle est la "garante" du
projet de l'enfant placé par le juge des enfants, soit
en établissement, soit dans une famille d'accueil soit
dans sa famille mais dans le cadre d’un dispositif adapté.
Marion joue le rôle d'interface entre toutes les
parties, la “famille génétique”,
la famille d'accueil, l'inspecteur de l'aide sociale à l'enfance
mais aussi et surtout le Juge des enfants.
Son objectif est
de faire en sorte que le projet de l'enfant soit respecté.
Ainsi rencontre-t-elle les enfants au moins une fois par mois
par exemple dans leur famille d'accueil. De même c’est
elle qui assiste aux audiences pour les enfants et aux réunions
organisées dans le cadre de la scolarité de
l’enfant. Lors des deux premiers mois de son apprentissage,
Marion est intervenue à chaque fois avec son maître
d'apprentissage.
Le troisième mois, elle devrait intervenir seule.
Car son expérience de Moniteur-Educateur et son savoir-faire
face à ce type de situations lui ont permis de gagner
la confiance de l'encadrement de son association. Elle explique
aussi cela par une excellente relation avec son maître
d'apprentissage. «Dès le départ, elle
m'a vraiment accompagnée en étant toujours à l'écoute.» assure
Marion. Face à ses missions que Marion devra assumer
seule, ce qu’elle appréhende le plus, ce sont
les audiences avec le juge. «C'est professionnel,
peu importe au juge qu'on soit une apprentie, d'ailleurs il
l'ignore le plus souvent. Il faut être au “top” tout
de suite. Même si ce n'est pas évident de prendre
la parole devant un juge en présence de la famille
de l'enfant et des autres éducateurs. D'autant qu'on
peut se faire reprendre par le juge devant les enfants et
leurs familles et là, ça met vraiment mal à l’aise. Car
il arrive parfois que le rapport ne soit pas transmis dans
les temps, sans que cela soit la faute du professionnel ou
que le rapport, aux yeux du juge, ne soit pas assez complet. »
A la fin de son apprentissage, Marion devrait se voir proposer
un poste dans son association.
Sinon, son idéal professionnel serait de travailler
avec les demandeurs d'asile, c'est avec eux qu'elle a commencé.
Et de confier : «Mais je le sais, les places
sont chères.» |